Versos French Anna de Noailles Passant, je te sais gré de l’extrême torture

French poem

Passant, je te sais gré de l’extrême torture

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— Passant, je te sais gré de l’extrême torture Que m’infligeait par toi la subtile nature Qui souhaitait en vain qu’un autre être fût né Du rêve de sa noble et fière créature.

À présent que mes yeux demeurent étonnés D’avoir par toi connu la plus vive blessure, Je ne te reprends pas ce que je t’ai donné : Ni le chancellement de l’âme la plus sûre, Ni ces puissants aveux, ni ce désir qui fut

Digne par son ardeur de ton humble refus. La mort et le néant ne sont point haïssables À qui se débattit parmi l’instinct confus.

— Garde, ô toi où j’errais, sans sources, dans les sables, La part qui te revient d’un cœur inconnaissable…