Versos French Antoine Clesse Le Doudou

French poem

Le Doudou

by (1816–1889)

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ontois, à pleine gorge, Chantons à l’unisson Le dragon et saint George Sur l’air du vieux Lumçon ! Ce refrain Plein d’entrain Invite aux jeux, à la danse ; Et tout refrain heureux Réveille au cœur les instincts généreux.

Chantons, mes amis, Cet air du pays Si cher à notre enfance ; Montois, sage ou fou, Chantons le doudou ; Rien n’est plus charmant que le doudou. Quand Gilles prend sa lance Et presse son coursier, L’affreux dragon balance Une queue en osier… On se bat : Quel combat ! Le dragon faiblit, je pense… Grâce à Gilles de Chin Le voilà mort… jusques à l’an prochain. Chantons, mes amis, etc.

Des soldats intrépides, Avec les Du Vivier, Au pied des Pyramides Ont dit ce chant guerrier. Une fois, Un montois, Blessé là-bas pour la France, Sans fléchir un instant, Avec transport disait en combattant : « Chantons, mes amis, etc.

Quand, héroïque épée, Un Du Vivier passait C’est saint George et l’poupée Que tout gamin chantait. Dans les mains Des gamins Tombait une récompense ; Et les malins gaillards Disaient gaîment en se montrant leurs liards : « Chantons, mes amis, etc. »

On peut montrer encore À tous nos chabourlets Un drapeau tricolore Troué par les boulets. Ce lambeau De drapeau, Gage saint d’indépendance, Au plus fort du péril Qui le portait ? c’est Pierre Du Ménil Chantons, mes amis, etc.

Quand se tait la parole Sous un joug détesté, On voit par un symbole Surgir la vérité : Le dragon Du Lumçon, C’est le joug, l’intolérance ; Et saint George indompté, Ô mes amis, c’est bien la liberté !

Chantons, mes amis, Cet air du pays Si cher à notre enfance ; Montois, sage ou fou, Chantons le doudou : Rien n’est plus charmant que le doudou.

1853.