Versos French Armand Silvestre Ô giuventa primavera

French poem

Ô giuventa primavera

by (1837–1901)

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Le pied blanc de l’aube a laissé Des poussières d’argent sur l’herbe Et mis un pleur vite effacé Au cœur d’argent des lys superbes. — Ô les beaux matins de printemps Où le soleil, dans les rosées, Allume des fleurs irisées De feux légers et palpitants !

Quand elle eut sur mon cœur joyeux Mis son pied, vivante lumière, Des larmes mouillèrent mes yeux Et mon cœur s’en fut en poussière. — Ô les beaux matins de printemps, Où l’âme, aux fleurs appareillée, Des baisers de l’aube mouillée, S’emplit de rayons éclatants.

Le vent a séché sur les fleurs Ce duvet brillant d’eau céleste ; De celle qui causa mes pleurs, À peine un souvenir me reste. — Ô les beaux matins de printemps ! Pour la nature et pour la vie, Votre douceur, trop tôt ravie, Ne dure que bien peu d’instants !