French poem
Refus d’aimer
by Armand Silvestre (1837–1901)
Où porter un amour que meurtrit toute chose, Qu’au silence des morts les deuils ont résigné ? Je retrouve mes pleurs au cœur de chaque rose ; Il n’est pas de gazon où mon cœur n’ait saigné.
La Nature n’est plus à mon âme lassée Qu’un grand tombeau fermé sur mes bonheurs défunts, Qu’une coupe en morceaux d’où l’ivresse passée Parfois s’exhale encore en fugitifs parfums.
À la beauté qui passe en chantant l’espérance, Le front rempli de rêve et les yeux de soleil, Il faut mieux qu’un amour pour qui tout est souffrance Et qu’une ombre éternelle à la nuit fait pareil !