French poem
Qu’importe ?
by Armand Silvestre (1837–1901)
Ah ! puisque en ta beauté demeurent Les beautés que le temps ravit, Qu’importe que les roses meurent ! — Sur tes lèvres leur pourpre vit.
Puisque en ta splendeur se recueillent Les splendeurs qu’atteignit l’affront, Qu’importe que les lis s’effeuillent ! — Leur blancheur reste sur ton front.
Puisque en ton être se rallume La flamme qui s’éteint aux cieux, Qu’importe l’air qui la consume ! — Sa clarté renaît dans tes yeux.
Puisque en ton âme se repose L’âme de tout charme défunt, Qu’importe l’étoile ou la rose ! — Toi seule es lumière et parfum !