French poem
01 (Que l’heure des adieux est une…)
by Auguste Barbier (1805–1882)
Que l’heure des adieux est une triste chose ! Nous étions tous pensifs… L’enfant, prenant la rose Qui reposait vermeille à côté de son cœur, En rêvant inclina ses lèvres sur la fleur.
Et la rose, cédant à cette haleine pure, Lentement dépouilla sa divine parure, Et chaque feuille d’or, résistant faiblement, Une à une tomba du calice embaumant.
L’une ici, l’autre là, toutes à la volée Prirent à travers l’air une route isolée, Et, jetant leurs parfums comme un dernier soupir, À nos pieds inquiets toutes vinrent mourir.
Pauvres feuilles ! Et nous, une fortune amère Allait nous disperser comme elles sur la terre ; Chacun de nous peut-être, en se quittant ce soir, Devait-il s’éloigner pour ne plus se revoir.
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