Versos French Auguste Brizeux La Vie

French poem

La Vie

by (1803–1858)

Listen in the reader

Un bel ange gardien penché vers son berceau, Quand ses yeux étonnés s’ouvrirent à la vie, Et que sa mère en pleurs la contemplait ravie,

Invisible, la prit sous le léger cerceau, L’instruisant d’une voix mystérieuse et tendre, Et l’ange au doux parler, l’enfant semblait l’entendre :

— « Au jardin de l’aïeule égayé du zéphir, Où les jeunes oiseaux vont essayer leurs ailes, Parmi les blancs jasmins enlacés aux tonnelles, Fleur humaine, tu dois l’élever et fleurir.

Savoure le printemps !… Résignée à mûrir, Amasse dans ton sein les graines maternelles ; Enfin, pour refleurir aux sphères éternelles, Lis d’or, cueilli par Dieu, sur son cœur viens mourir. »