French poem
Le Bal
by Auguste Brizeux (1803–1858)
N’y va pas ! Reste sur ton livre, Dans ta chambre d’étudiant ! Courbé sous la lampe de cuivre,
Occupe ta pensée et ton cœur en veillant.
Je le sais trop, le plus stoïque N’est bien sûr de lui qu’à l’écart ; Et l’âpreté jeune et pudique
N’est pas lente à céder au charme d’un regard.
Il est une fleur douce et blanche Qui croît à l’arbre du devoir ; Cueille cette fleur sur sa branche.
Pour être fort demain respire-la ce soir.
Non ! Ta pensée ailleurs s’enivre : Un ruban sur de noirs cheveux Dans un bal attire tes yeux,
Ô jeune homme inquiet ! — et tu fermes ton livre !