French poem
A Quelques Amis, Choisis
L’heure est dure, je souffre d’elle; Que faire pour m’en consoler? J’écris quelques lignes nouvelles Et crois avoir volé Par ce moyen à la mélancolie Le droit qu’elle avait de m’étreindre... --Hypocrite! n’est-ce pas feindre En chantant d’oublier le mal dont tu souffris? --Oui, mais un long moment de douce paix s’ensuit. Par divertissement, j’épouse des querelles Etrangères, je songe à celles Qu’aux jours passés je défendis; Je me retrouve avec des camarades Bien vivants en mon souvenir, D’un geste spirituel, je m’évade Loin du monde sans cœur qui veut me retenir; Ainsi, je reprends du courage Et je me ressaisis; Voilà pourquoi je parle dans ces pages De quelques amis, choisis.