French poem
A Une Reine
O reine Stratonice! où donc êtes-vous née? Est-ce dans le vaste palais d’une île fée, Où la légende grecque et le conte allemand Venaient mêler pour vous tous leurs enchantements? Où l’elfe et la bacchante, où le sylphe et le faune Jouaient à se poursuivre autour des buissons d’aulnes? Parce que votre voix est pure et que vos pas Semblent glisser à peine et ne se poser pas, Il est des instants où vous m’évoquez l’image De Loreley qui laisse un lumineux sillage Sur l’eau triste du fleuve, en chantant dans la nuit. Mais, à d’autres instants, vous changez et je suis, Dans vos yeux, le reflet d’une si grave peine, Que vous me rappelez cette princesse hellène Qui, devant l’horizon de la mer et des cieux, Souffrait de la colère injuste de ses dieux. O Reine! dites-moi quel souvenir vous donne Ainsi l’air douloureux de la blanche Antigone?