French poem
Sur l’Amour (2)
by Auguste Lacaussade (1815–1897)
Il faut aimer. Éros me conseillait d’aimer, Mais à sa voix je fus rebelle. Le Dieu s’indigne : il prend son arc, prompt à s’armer. Le carquois à l’épaule, au combat il m’appelle. A mon tour, je revêts les armes du héros : Cuirasse et bouclier, flèches et javelots. Nouvel Achille au pied rapide, Je m’avance au combat, je m’avance intrépide, Affrontant les fureurs d’Éros. Ses traits pleuvent dans l’air ; prudent, je les évite. Son carquois épuisé, le dieu frémit, s’irrite, Puis lui-même il se précipite Comme une flèche aiguë et m’entre au fond du cœur ; Et je sens aussitôt se briser ma vigueur. Et maintenant pourquoi garder cette cuirasse Impuissante à nous protéger ? A quoi bon, mes amis, s’abriter du danger Quand le vainqueur est dans la place ?