French poem
Fort Bien
by Benjamin Sulte (1841–1923)
Seize ans! le printemps de la vie. Tu comprendras cela plus tard. Ta jeunesse me fait envie, J'ai coulé la mienne au hasard. Quel beau temps pour tout entreprendre! Quel bon travail pour l'avenir! Car le travail seul peut nous rendre Ce que l'âge vient nous ravir.
De l'étude la voix secrète Fait tous les chagrins s'envoler. Mais le temps perdu qu'on regrette Ne revient pas nous consoler. Recueillir au seuil de l'automne, Au milieu des chants et des ris, C'est glorieux quand on grisonne: Voilà, voilà le plus beau prix.
Il faut devancer à la course Tous les concurrents paresseux: La récompense est une bourse Que tu rempliras si tu veux. Oui, la science impérissable Seule fait l'homme indépendant. Le reste est bâti sur le sable Et s'écroule au moindre accident.
Vise à plus que ton entourage, On te couronnera toujours: Le monde admire le courage Et le témoigne tous les jours. Qu'un autre se plaigne et s'afflige Si Dieu ne l'a pas bien doté, Mais le talent—noblesse oblige— Met un premier prix de côté.