French poem
Le Jour de L'an
by Benjamin Sulte (1841–1923)
Gens soucieux, quittez la table; Créanciers, n'y paraissez pas! La gaîté franche et véritable Préside seule à ce repas. Le verre en mains, que l'an nouveau paraisse; Souhaitons-le propice à nos désirs. Coulez, coulez, beaux jours de la jeunesse, Ne mêlez point la peine à nos plaisirs!
Quand le travail de la journée S'achève en toutes les saisons, Que la tâche soit couronnée Par l'amour, le vin, les chansons! Est-il un bien qu'ici-bas l'on connaisse Plus doux au coeur que ces charmants loisirs? Coulez, coulez, beaux jours de la jeunesse, Ne mêlez point la peine à nos plaisirs!
Puisque Dieu gouverne le monde, C'est lui qui règle nos revers: Comptons sur sa bonté profonde Dans tous nos changements divers. Ah! pour jamais bannissons la tristesse Au bruit roulant des échos du plaisir! Coulez, coulez, beaux jours de la jeunesse, Prolongez-vous au loin dans l'avenir!