French poem
Le Vingt-quatre Juin 1880
by Benjamin Sulte (1841–1923)
Pour former un journal unique Vous prenez tous nos écrivains— Pas de danger qu'on vous critique: La presse entière est dans vos mains.
«Ce n'est pas, dit-on, l'habitude, «La politique a des rigueurs: «Il faut plaire à la multitude; «Il faut conserver ses couleurs.»
Conservons mieux que ça, mes frères, Transmettons à nos petits-fils Ce que nous tenons de nos pères: Un grand amour pour le pays.
Unissons-nous, et que le monde Apprenne que nous existons. Jamais le respect ne se fonde Que sur l'or des traditions.
Notre passé rempli de charmes, Le présent qu'on doit méditer, Nous fourniront toujours des armes Quand nous voudrons argumenter.
Ne séparons point nos phalanges. Sachons comprendre l'avenir, Et, patients comme ces anges, Semons afin de recueillir.
Semons la graine de l'histoire: L'arbre a le terrain pour support. N'en perdons jamais la mémoire, Et nous serons un peuple fort.