Versos French Charles Monselet Les Petites Blanchisseuses

French poem

Les Petites Blanchisseuses

by (1825–1888)

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Les petites blanchisseuses Que l’on voit, chaque lundi, Aux pratiques paresseuses Porter le linge à midi,

Bien qu’elles fassent paraître Des semblants de chasteté, Ne me font pas l’effet d’être Des vases de pureté.

Leurs cheveux qui s’ébouriffent Sollicitent l’attentat : Ne craignez pas qu’elles griffent… Une fille est un combat.

Elles ont des airs de sainte, Et des cris dans un coup d’œil, Avec leur bonnet de linge Et leur robe de cerfeuil.

Sur la hanche qui supporte Un panier exagéré, Leur jambe se fait plus forte, Leur pied se fait moins cambré.

Jusqu’au coude, mainte essence Rougit leur pauvre bras nu, Mais plus haut le blanc commence Et dès lors ne finit plus.

Pour un faux col qu’on oublie. Elles se baissent… Bientôt, Sous la robe qui se plie, La main se glisse très haut…

Et pour peu que, d’un air tendre, On dirige un doigt savant, On les voit se laisser prendre Le derrière et le devant

Dire que ces jolis diables Ont, — lâchons un trait hardi ! — Quinze à vingt courses semblables A faire chaque lundi !