French poem
A La Ville De La Rochelle
by Charles-Théophile Féret (1858–1928)
Toy, dont tout le malheur causa toute la gloire, Qui t’immortalisas en t’osant rebeller, Ville, qui ne pouvois pas mieux te signaler Qu’en rendant les Vainqueurs fâchés de leur Victoire:
Rochelle, quand je lis ton siège dans l’histoire, Dieu! que ta catastrophe ayde à me consoler, Et que dedans l’estat où l’on me voit aller, Ma disgrâce m’est douce, et charme ma mémoire!
Tais-toy donc, désespoir, je ne t’écoute plus; Tous tes tristes conseils sont vains et superflus; Cesse d’entretenir mon âme désolée.
Si le plus juste Roy qui fut jamais ici T’a sans nécessité jadis démantelée, Un gueux me pouvoit bien démanteler aussi.
Voici l’histoire de l’arrestation et du supplice de Claude Le Petit, selon la version de Lefèvre de Saint-Marc que j’ai adoptée dans Le Verger des Muses. Dans ces vers je fais parler le poète selon la vraisembance de ses rancunes; il n’exprime pas mes sentiments personnels.