Versos French Charles-Théophile Féret À une belle Muse qui de Rome m’envoie une branche de laurier

French poem

À une belle Muse qui de Rome m’envoie une branche de laurier

by (1858–1928)

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Elle cueille à pleines mains Tant de lauriers qu’elle en donne ! Elle a pris aux champs romains Ce rameau pour ma couronne.

Mais quels lemnisques noueront En cercle ces feuilles vaines, Si les refuse à mon front La fierté des Sœurs Neuvaines ?

Las ! quand j’aligne au cordeau Des sonnets ? Non, mais des chiffres, Au bois tombe sur le dos La Nymphe, et sautent les fifres.

J’en ris en pleurs. Floréal Met, par vos mains consolantes, Cette feuille sur mon mal Pour me guérir par les plantes.

Or au feuillage latin Mon front n’a plus que prétendre, Gris comme un foyer éteint, Dont le vent lappe les cendres.

Un bouquet, même annuel, Me blesse un peu de ses hampes : Ma fête est l’avis cruel Que l’huile baisse en ma lampe.

Mais je sais un crin doré Pour qui le laurier verdoie : C’est le poète Fleuret, Prenez une longue soie ;

Coupez des roses. Coupons De remuantes cerises ; (Mais nous dirons « des pompons », Que Ronsard nous favorise !)

Fermez sur la rose chef La couronne qui l’encense. Et je signerai d’une F « Fidélité » sur la ganse.