French poem
Le palais
by Édouard Dubus (1864–1895)
L’âme conquise à son désir capricieux Fut un palais fermé des souterrains au faîte, Jalouse, elle en bannit l’or du soleil en fête, Une seule splendeur y rayonna : ses yeux.
Contre l’assaut, dont le courage insoucieux Aurait bravé la malemort dans la défaite, Elle entoura son bien d’une muraille faite De granit et de fer se dressant dans les cieux.
Sous les voûtes, jamais de fleurs ni de ramée, Mais les lys affolants de sa chair parfumée, Ses lèvres, ce pavot, et ses cheveux flottants.
La Fantaisie un soir dit : — Belle, voici l’heure Du départ. Du départ. Le Palais croule depuis ce temps, Ruine abandonnée, où la tourmente pleure.