French poem
Madrigal
by Édouard Dubus (1864–1895)
C’est une aurore claire et rose Fleurant un parfum de lilas, L’amour dont tu m’ensorcelas, Lasse, mon âme s’y repose.
Je suis vaincu du Spleen, un chœur De remords en moi geint et clame ; Mets tes yeux où sourit ton âme Dans mes yeux où pleure mon cœur.
Étreins-moi, plus fort que la tombe Ne veut m’enserrer, et me dis Des visions du Paradis, Tout bas, comme la neige tombe.
Je vais à l’abîme béant, Je me sens envahi par l’ombre, Sans Toi, c’est bien fini, je sombre À tout jamais dans le Néant.