Versos French Édouard Dubus Méditation

French poem

Méditation

by (1864–1895)

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Quand le Sage, gardé par les indifférences, Rêve l’isolement d’un calme piédestal, Autour de lui surgit de l’Abîme natal L’enchantement des fugitives apparences.

Par le chemin des sens, qu’elles ne savaient plus, S’offrant toutes avec un chant d’épithalame, Elles marchent à la conquête de son âme, Pour l’enchaîner de fleurs au loin des cieux élus.

Et les voici, parfums câlins, dont la nuée S’exhale impénétrable aux lumières d’en haut, Les voici, chœur berceur, dont la langueur prévaut Contre la voix d’en haut qui lutte exténuée.

Elles réveillent en pétales éclatants Sa bouche autrefois close aux papillons du rire, Ce pendant qu’oubliant le geste de proscrire, Ses mains font des bouquets dans l’espace et le temps.

Alors un dieu se meurt que devenait le Sage : Le mensonge des apparences règne en roi Sur le bétail de ses désirs en désarroi Vers les enlisements du terrestre passage,

Et parce qu’il n’a su, fort de tous les mépris, Donner l’essor sans trêve à son vouloir sublime Au-dessus des vains artifices de l’Abîme, L’Abîme en ricanant l’aura bientôt repris.

— Pour devenir, un jour, Celui que tu recèles, Et qui pourrait périr avant d’avoir été Sous le poids d’une trop charnelle humanité, Ô mon âme ! il est temps enfin d’avoir des ailes.