French poem
Pantoum du feu
by Édouard Dubus (1864–1895)
Un pâle papillon bat de l’aile dans l’âtre, Le bois fume et s’allume avec de petits cris ; En l’âme une lueur incertaine folâtre, Le souvenir entr’ouvre un peu son linceul gris.
Le bois fume et s’allume avec de petits cris, Une flamme faillit, s’abat, et se redresse ; Le souvenir entr’ouvre un peu son linceul gris, Une voix d’autrefois hésite en sa caresse.
Une flamme jaillit, s’abat, et se redresse, L’or palpitant s’allie au rose frémissant ; Une voix d’autrefois hésite en sa caresse, Cheveux épars, s’incarne un rêve éblouissant.
L’or palpitant s’allie au rose frémissant, Mille langues de feu se meurent réunies ; Cheveux épars, s’incarne un rêve éblouissant, On poursuit un vain leurre en folles agonies.
Mille langues de feu se meurent réunies : L’ombre viendra bientôt envahir le foyer ; On poursuit un vain leurre en folles agonies, La vision dans la brume va se noyer.
L’ombre viendra bientôt envahir le foyer, Un peu de cendre exhale une tiédeur bleuâtre ; La vision dans la brume va se noyer ; Un pâle papillon bat de l’aile dans l’âtre.