Versos French Édouard Dubus Pantoums

French poem

Pantoums

by (1864–1895)

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La lune épanouit au ciel sa rêverie, Les constellations semblent des yeux moqueurs ; Accordez une bonne étoile à qui vous prie, Reine, qui parsemez d’astres la nuit des cœurs.

Les constellations semblent des yeux moqueurs, Dans les lilas fleuris le vent du soir chuchote ; Reine, qui parsemez d’astres la nuit des cœurs, Je vous tiendrai des propos fous de don Quichote.

Dans les lilas fleuris le vent du soir chuchote, Des gazouillis très doucement jasent d’amour ; Je vous tiendrai des propos fous de don Quichote, Si vos lèvres me sont clémentes quelque jour.

Des gazouillis très doucement jasent d’amour, Des parfums enchantés voltigent dans l’espace ; Si vos lèvres me sont clémentes quelque jour, Je ne vous louerai point d’un chant d’oiseau qui passe.

Des parfums enchantés voltigent dans l’espace, Dans un brouillard d’azur adorablement fin ; Je ne vous louerai point d’un chant d’oiseau qui passe : J’aimerais vous bercer de madrigaux sans fin.

Dans un brouillard d’azur adorablement fin, Il n’est rien, ce doux soir de mai, qui ne sourie ; J’aimerais vous bercer de madrigaux sans fin : La lune épanouit au ciel sa rêverie.

À l’abri des rideaux couleur de paradis, Un vague demi-jour sommeille dans la chambre ; Est-ce en rêve les mots frivoles que tu dis ?… Je m’oublie aux senteurs de tes fins cheveux d’ambre.

Un vague demi-jour sommeille dans la chambre, La pendule a perdu son rythme avertisseur ; Je m’oublie aux senteurs de tes fins cheveux d’ambre, Ton âme dans tes veux sourit avec douceur.

La pendule a perdu son rythme avertisseur, Le grand lit dans l’alcôve est nimbé de mystère ; Ton âme dans tes yeux sourit avec douceur, Lèvres, fleur de pêcher folâtre, il faut vous taire.

Le grand lit dans l’alcôve est nimbé de mystère, Le tapis de Turquie éteint le bruit des pas ; Lèvres, fleur de pêcher folâtre, il faut vous taire Dans l’abandon des longs baisers qu’on n’entend pas.

Le tapis de Turquie éteint le bruit des pas, L’air est tout languissant d’un parfum de paresse ; Dans l’abandon des longs baisers qu’on n’entend pas, Veux-tu qu’un petit coin du ciel nous apparaisse ?

L’air est tout languissant d’un parfum de paresse, Conseilleur de jolis projets un peu hardis… Veux-tu qu’un petit coin du ciel nous apparaisse, À l’abri des rideaux couleur de paradis ?