Versos French Édouard Ducoté Phryx

French poem

Phryx

by (1870–1929)

Listen in the reader

Des flatteurs ou des fous ont crié aux esclaves que l’homme à l’homme était égal. Il s’est trouvé des dupes et des fous pour les croire. À quoi m’aurait servi de secouer ma chaîne ? elle flotte invisible partout autour de moi. Né sous le ciel d’Afrique j’ai la laideur des nègres, et mon maître est si beau qu’à le voir les vierges pâlissent et défaillent d’émoi. J’ai la pensée pesante et lente ; mon maître a l’esprit prompt et souple comme une aile. Mais allez demander aux esclaves mes frères lequel est mon rival lorsque dans une lutte je serre sur l’un d’eux l’étau de mes bras nus.