French poem
11 (Hélène se connaissant vile…)
by Émile Trolliet (1856–1903)
Hélène se connaissant vile, Sous l’affront de toute une ville, Fléchit, comme un lys contristé ; Mais Hector arrêtant l’outrage, — La clémence est sœur du courage — Disait : Pardon pour la beauté !
Socrate a bu l’amère coupe ; Et de ses disciples le groupe Frémit, sourdement révolté Contre les lois et la patrie ; Mais le maître en mourant leur crie : Amis, pardon pour la cité !
Christ avait soif dans l’agonie, Et les passants, par ironie, Tendaient aux lèvres de bonté L’éponge de fiel et d’injure ; Mais le Fils au Père murmure : Pardon pour leur humanité !
Le héros, le sage et le juste, Ont laissé de leur bouche auguste, Tomber comme un suprême don, Ou comme une leçon suprême, Le même mot, toujours le même, Le grand consolateur : Pardon !