French poem
13 (Longtemps il porte un cœur très…)
by Émile Trolliet (1856–1903)
Longtemps il porte un cœur très dur, L’enfant, sous sa chair délicate ; Et sans frisson, ses yeux d’agate Luisent froids en leur lac d’azur.
Mais quand, des pleurs, un sillon sûr A marqué la joue incarnate, Et quand l’âme, en fissure, éclate, L’homme alors aux pitiés est mûr.
Sainte douleur n’est jamais vaine, Et jamais ne meurt la « verveine » Même après le « vase brisé ».
L’Amour, au fond de la crevasse, Germe en bonté, plante vivace, Au suc toujours inépuisé.