Versos French Emile Verhaeren Xxviii

French poem

Xxviii

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L'immobile beauté Des soirs d'été, Sur les gazons où ils s'éploient, Nous offre le symbole Sans geste vain, ni sans parole, Du repos dans la joie.

Le matin jeune et ses surprises S'en sont allés, avec les brises; Midi lui-même et les pans de velours De ses vents chauds, de ses vents lourds Ne tombe plus sur la plaine torride; Et voici l'heure où, lentement, le soir, Sais que bouge la branche ou que l'étang se ride, S'en vient, du haut des monts, dans le jardin, s'asseoir.

O la planité d'or à l'infini des eaux, Et les arbres et leurs ombres sur les roseaux, Et le tranquille et somptueux silence, Dont nous goûtons alors Si fort L'immuable présence, Que notre vœu serait d'en vivre ou d'en mourir Et d'en revivre, Comme deux cœurs, inlassablement ivres De lumières, qui ne peuvent périr!