French poem
Une jeune femme à la mer
by Ernest d’Hervilly (1839–1911)
Suspendue aux rameaux plus qu’obligeants d’un frêne, Tu t’inclines vers l’eau limpide de la Seine : Ton visage charmant s’y reflète, et tu ris. Très-bien. C’est un miroir qui vaut ceux de Paris. Mais, prends bien garde, enfant ! si tout à coup le fleuve Te volait ton image exquise et toute neuve, Et s’en allait, joyeux, la porter à la mer !… Vois-tu cela d’ici, mon souci le plus cher ? Si la Seine emportait la radieuse trace De ton minois rieur… jusqu’au Havre de Grâce ! Ton reflet pourrait bien alors être emmené Juste près du bateau d’un pêcheur de la Manche, Qui hale son filet et sur le flot se penche…
Hein ! comme il aurait peur, le bon vieux goudronné !