Versos French Ernest d’Hervilly Sur le pont d’Iéna

French poem

Sur le pont d’Iéna

by (1839–1911)

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Singulier rendez-vous ! — Oui, c’était un jeudi, A la fin de janvier ; il faisait clair de lune.

Les glaçons charriés par le fleuve engourdi Nous rappelaient, si blancs sur l’eau luisante et brune, Les larges nénuphars cueillis pendant l’été…

Va ! sur ce pont désert, sous cette bise rêche, Nous n’avions froid ni l’un ni l’autre en vérité ! Seulement, mon cher cœur, ta joue était si fraîche !…

Ta lèvre était tantôt glacée, ô mon amour, Comme une fraise encore humide de rosée, Et tantôt tiède ainsi qu’une fraise exposée Au soleil, et qu’on cueille à la chute du jour…

Tandis que la rivière où le gaz se reflète, Avec un cliquetis doux et charmant filait, Dans chacun de tes yeux, à travers la voilette, Une petite lune exquise étincelait !