Versos French Ernest d’Hervilly Pendant le siège (1)

French poem

Pendant le siège (1)

by (1839–1911)

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Minuit. — La bise mord comme sur l’esplanade Du château d’Elseneur, pendant la promenade Que je fais, l’arme au bras, bizarre, dans mon coin. Je veille sur six cent trente bottes de foin. Telle est ma fonction à l’heure des doux rêves. Un petillement sourd de fusillades brèves Succède, par moments, au silence profond. Bon. Ce sont nos amis de là-bas qui nous font Savoir qu’on ne dort pas non plus aux avant-postes Et que l’on a la langue assez prompte aux ripostes. Très-bien ! — Pour amuser les descendants des Goths, Jouez leur donc souvent un air de vos flingots, Camarades ! — Bravo ! — moi, j’attends la patrouille. Je porte mon fusil (à piston !) qui se rouille, Comme un bedeau son Christ oxydé par l’encens. Je vais de long en large, et je songe, et je sens, Tandis qu’au loin la guerre à chaque instant fait rage, La pacifique odeur des meules de fourrage.