French poem
Mars
by Ernest d’Hervilly (1839–1911)
Un souvenir d’enfance, assoupi dans mon cœur, Que le retour de Mars joyeusement réveille, C’est celui d’une Enseigne où trône une bouteille Qu’emplit, ô Cambrinus, ta fougueuse liqueur :
Caressant d’un colback haut le plumet vainqueur (Cependant que déjà butine aux champs l’abeille), Deux houzards moustachus, attablés sous la treille, Sont là, prêts à goûter la bière fraîche en chœur.
Soudain, le bouchon — pan ! — s’élance vers les nues, Et la bière en deux jets mousseux s’échappe, mais Pour obéir, docile, à des lois inconnues ;
Car, — chose que ne vit la physique jamais, Au grand contentement des braves militaires, Le liquide obligeant retombe au sein des verres !