Versos French Étienne Eggis À madame Juliette Forestier-Luce

French poem

À madame Juliette Forestier-Luce

by (1830–1867)

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Madame, j’écoutais le piano frémissant Sous vos doigts créateurs évoquer tout un monde De rêves embaumés que nulle main n’émonde Et qui montent aux cieux comme un soleil naissant.

Je cachais dans mes mains mon front incandescent ; Votre inspiration sublime et vagabonde Dans mon cœur enivré d’une extase profonde Faisait sourdre les vers comme un fleuve puissant.

Mais les vers, bois grossier qu’à sculpter je m’efforce, Rendent un vain accord incomplet et sans force, Et ne font qu’assombrir votre orient vermeil.

Penché sur le piano dont le chant m’extasie, Je disais, — en pensant à vous, — la poésie N’est que la lune, et la musique est le soleil.