Versos French François Bérenger de La Tour d'Albenas Chansons

French poem

Chansons

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Mon cueur souffre grand martire, Mais le dire Permis, certes ne m'est point. Las! c'est bien estrange chose Que je n'ose Monstrer le mal qui me poingt.

Ma douleur ha longue traitte, Et secrette, Vivement se fait sentir: Peu à peu consommant l'ame D'une flamme, Qu'on ne pourroit amortir.

A fin que plus haut ne monte, D'aide prompte Au mal visibl' on pourvoit, Le mien donques perdurable N'est curable Despuis que l'oeil ne le void.

Le sang de ma playe vive Ne derive, Au moins qu'il soit evident, Voilà pourquoy ma meurdriere Ha matiere Pour couvrir tel accident.

Et lors que ma navr' austere Je veux taire, Est plus forte la moitié Et tenant sa violence En silence Croistre sans mon amitié.

En tout temps ma play' ouverte Tien couverte, Dissimulant ma douleur, Fors à celle que j'honore, Car n'ignore La source de mon malheur.

De mon mal rud' et extreme Elle mesme Seul' est cause, mais aussi Je scay que d'elle procede Le remede Pour reparer tout cecy.

O Beauté tres estimée, Et aymée De moy si parfaictement: Fay que ta rigeur s'appaise, Et te plaise Donner fin à mon tourment.