Versos French François Habert Pierre Habert Escrivain à Paris, aux Lecteurs

French poem

Pierre Habert Escrivain à Paris, aux Lecteurs

by (1510–1561)

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Si tu requiers voir chose magnifique, Ou recevras grand consolation, Voy Zoroastre, Homme fort autentique, Qui fut remply de grand perfection. Icy verras mainte autre instruction Et bons propos, pour te donner plaisir. Outre cela tu verras à loisir (Dont recevras double contentement) Les traicts nouveaux d'une Francoise letre, Que cy devant Paris n'a sceu permettre Aux bons Esprits la voir aucunement.

Vertu vault mieux que mondaine richesse.

A tresnoble & illustre personne Monseigneur Claude du Bourg, Seigneur de Guerigné, Chevalier, Conseiller, et Thresorier de France, estably à Rion, Francois Habert son treshumble et obeissant serviteur, desire salut, et felicité perpetuelle.

Celle qui peut toutes choses, Nature, (A scavoir Dieu) donne à sa creature Dons differens, aux uns hautain scavoir, Aux uns beauté, aux autres riche Avoir: Mais ce dont plus la personne bien née Est noblement en ce Monde exornee, C'est la beauté en l'Esprit permanente, Beauté qui est hautaine et eminente, Ceste beauté exquise, et de hault pris, (Qui nobles rend et heureux les esprits) Reluit en vous, voire de telle sorte (Noble seigneur) que la Palme ell'emporte Dessus plusieurs, en liberalité, Et jugement plein d'immortalité, Dont à bon droict convient que ma Minerve En ses escrits tel honeur vous reserve, Que l'oeil aigu de la posterité Juge combien vous avez merité, Qui ressemblez au Phenix seul et rare Par un destin du Ciel, qui vous separe Des ords desirs d'un avaricieux Qui l'or terrien trouve plus precieux, Que la vertu tant noble, rare, et saincte En vostre esprit divinement empraincte, En ensuivant voz Majeurs excellans, Qui ont esté en France vigilans, Au bien public, mesmes pour la couronne Qui de noz Roys le chef digne environne. Ce hault renom de la rare vertu, Dont vostre sens est noblement vestu, M'a incité de tirer hors du coffre De ma Pallas, l'oeuvre que je vous offre, C'est Zoroastre, un Philosophe grand, De hault Scavoir, les autres denigrant, Y fust Platon, le riant Democrite, Y fust aussi le plorant Heraclite, Voire tous ceux qui par l'antiquité Ont jusqu'icy los et auctorité.

Outre verrez morale Comedie, Qu'à voz vertus et graces je dedie, Ou vous verrez mon introduction D'un fort grand Roy, plein d'imperfection Premierement, puis de grand excellence Pour avoir crainct de Mort la violence, Bien esperant qu'en tirerez plaisir En le lisant quelque fois à loisir, Combien qu'avec vostre honeur magnifique Vous abondiez de scavoir poetique, Et de scavoir encores plus exquis. Que vous avez divinement acquis. Sur ce je pry l'eternelle puissance De voz desirs vous donner jouissance, Puis qu'advenant vostre ordonné trespas Preniez au Ciel cest immortel repas, Qui est promis par l'Eternel à ceux Qui aux vertus n'ont esté paresseux, Ainsi que vous, plein de graces infuses Le Mecenas des lettres et des Muses.