French poem
À ma grand’mère
by Frédéric Monneron (1813–1837)
Ainsi cette mère chérie Échangea la pâle clarté Du triste soir de cette vie Pour l’aube de l’éternité.
Bénissons son heure dernière ! Ne la cherchons plus dans ces lieux. Rien n’étant parfait sur la terre, Dieu la rappela dans les cieux.
Adieu donc, tu repars pour un ciel sans nuage ; Tu mettais ton espoir dans ce grave voyage. Auprès des séraphins reprenant son essor, Ton âme sur tes traits a laissé son image : Au dernier de tes jours tu souriais encor.
Résignée à tes maux, c’était pour ceux des autres Que tu réservais tous tes pleurs, Et tes soupirs n’étaient que les échos des nôtres ; Nos chagrins, tes seules douleurs.
Ah ! venez donc pleurer la plus tendre des mères, Et rendre sur sa tombe hommage à son amour ; Mais n’y répandez pas des larmes trop amères. Dans ses bras, ses enfants se reverront un jour… La vie est un exil, et la mort le retour !