Versos French Gabriel Monavon Le don des larmes

French poem

Le don des larmes

by (1820–1906)

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Du Christ une larme bénie Sur l’homme ingrat tombée un jour Fut par les anges recueillie Et portée au divin séjour

De cette perle sans pareille, Le Seigneur d’un souffle créa Un séraphin, chaste merveille, Dont le doux nom fut Eloa

De cet ange né d’une larme, Ô femmes ! vous êtes les sœurs… Pour vous douer d’un tendre charme, Le ciel vous fit le don des pleurs.

Pour rafraîchir le cœur aride De l’homme ici-bas malheureux Dieu cacha dans votre œil limpide Une source aux flots amoureux

Pour laver toutes les blessures Et guérir toutes les douleurs, Il transforma vos larmes pures En dictâmes réparateurs…

Aussi, beaux anges de la terre, Vos pleurs s’empressent de couler Partout où s’offre une misère, Une infortune à consoler.

Comme aux diamants de l’aurore S’ouvrent les languissantes fleurs, L’âme qu’un mal secret dévore S’ouvre aux doux trésors de vos pleurs.

Vos larmes du cœur sont la pluie, Et l’Espoir, colombe du ciel, Dans cette onde qui purifie Ravive ses ailes de miel.

En vous, la pitié, la tendresse Jamais ne sauraient sommeiller… Femmes, voilà pourquoi sans cesse Vos yeux sont prêts à se mouiller.

Ah ! que la joie et ses délires Vous prêtent d’attraits enchanteurs ! Mais, que plus doux sont vos sourires Lorsqu’ils sont humides de pleurs !