Versos French Gabriel Monavon Le Chansonnier à Lisette

French poem

Le Chansonnier à Lisette

by (1820–1906)

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Ta voix, jusque dans ma retraite, S’est fait entendre, ô mes amours ! Son doux accent sait rendre à ton poète Le feu divin de ses premiers beaux jours. Puisque ton cœur fidèle garde encore Le souvenir des plaisirs de vingt ans, Mon luth aussi redeviendra sonore Pour célébrer Lisette et le printemps… (Bis).

Qu’ils étaient beaux ces jours et d’ivresse et de fête Où piquante grisette Au sourire si frais, Agaçante et coquette, Gaiment tu folâtrais !… Amour, tous tes secrets, Alors je les savais ; Comme tu m’inspirais Pour chanter ma Lisette !

Mais j’ai vu s’enfuir ce délire. Qui jadis enflammait ma voix, Et j’ai senti s’éteindre sur ma lyre Les chants d’amour qui naissaient sous mes doigts. Mon cœur, hélas ! est seul resté le même ; Là, par les ans, rien ne fut effacé ; À chaque instant, j’y revois ce que j’aime, Et mon présent sourit à mon passé ; Oui, le présent s’embellit du passé….

Qu’ils étaient beaux ces jours et d’ivresse et de fête Où piquante grisette, Au sourire si frais, Agaçante et coquette, Gaiment tu folâtrais !… Amour, tous mes secrets, Alors tu les savais ; Oh ! combien je t’aimais, Ma charmante Lisette !…

Te voici… viens que je t’embrasse !… Mais, est-ce toi, toi, mes amours ?…. Le temps jaloux n’a point flétri la grâce Qui de ta joue animait les contours ; Je te revois, ô ma douce maîtresse, Avec les fleurs qui paraient mes vingt ans : Comme en mon cœur, je trouve avec ivresse Lisette encore à son plus beau printemps, Je trouve encor Lisette en son printemps !

Il n’a point fui pour toi, cet heureux jour de fête Où piquante grisette Aux sémillants atours, Agaçante et coquette, Tu fixais les amours…. La perle des beaux jours, La reine des amours, C’est toi, c’est toi toujours, Ma charmante Lisette !…