French poem
Le Grillon et la Rose
by Gabriel Monavon (1820–1906)
La rose un jour dit au grillon : « C’est ton tour !… Déjà mainte abeille, Déjà maint joli papillon M’ont coulé des vers à l’oreille.
Parle, et dis-moi si mon collier, Fait des perles de la rosée, M’embellit, quand il vient briller Aux feux de l’aurore irisée…
Tu me regardes tristement, À mes pieds tu restes des heures ; Mais tu chantes si doucement Qu’il semble parfois que tu pleures !… »
Or, le grillon aimait la fleur. « — Ô reine ! ma voix est sans charme, Je n’ai pour moi que ma douleur !… » … Et de ses yeux tombe une larme…
« — Des poètes sois le vainqueur, Dit la rose, c’est toi que j’aime Humble grillon ! à toi mon cœur !…
Une larme vaut un poème ! » Gabriel Monavon.