French poem
Le Sourire de la beauté
by Gabriel Monavon (1820–1906)
Si de mai l’haleine envolée Sur la vallée, Mollement soupire et frémit, Caressant la pelouse verte De fleurs couverte Nous disons : la terre sourit…
Si zéphyr, sur l’azur limpide Des mers qu’il ride, Baise l’ondine et la poursuit, Tandis que la vague amoureuse S’enfle et se creuse, Nous disons : l’océan sourit…
Si parmi les lys et les roses Fraîches écloses, L’aurore étincelle et rougit, Comme la vierge couronnée Pour l’hyménée, Nous disons que le ciel sourit…
Ciel, terre et mer, oui, tout respire Joie et sourire, Lorsque le doux printemps fleurit… Jeune belle ! Mais rien au monde, Au ciel, sur l’onde, Avec ta grâce ne sourit !…
Gabriel Monavon.