French poem
Voix du soir
by Gabriel Monavon (1820–1906)
Au déclin du jour, jeune fille, Lorsqu’au balcon tu viens t’asseoir, Derrière l’épaisse charmille, Moi je me cache pour te voir. Tendre interprète de ma flamme, Chaque voix du soir, à son tour, Ne vient-elle pas, ô chère âme ! En cet instant parler d’amour ?… Dès que l’astre ami du mystère Brille et sourit à l’horizon, Entends-tu la brise légère Frôler en chantant le gazon ?… Entends-tu pleurer les fontaines Dont les flots vont baiser les bords, Et s’écoulent sous les vieux chênes Avec de célestes accords ?… À cette plaintive harmonie, Concert langoureux et charmant, Je vois, plein de mélancolie, Ton front s’incliner doucement. Un reflet de volupté pure Anime ton regard divin, Et tu sembles, de ce murmure, Écouter l’écho dans ton sein. C’est moi qui pour me faire entendre, Ô belle ! viens ainsi gémir Dans la brise au murmure tendre Et dans l’onde au plaintif soupir… Cette voix du soir qui t’est chère, Ces accents au charme vainqueur, Je les emprunte pour te plaire Et parler d’amour à ton cœur.