French poem
Victor Hugo au tombeau
by Gabriel Monavon (1820–1906)
Ô maître souverain ! Dieu de la poésie, Dont la lyre régna sur le monde enchanté, Tu meurs ! — Mais de ta gloire éclatante et choisie, L’astre se lève au ciel de la postérité.
Désormais, à l’abri des retours de l’envie, Ton nom prend un reflet d’éternelle clarté : Si tu fuis aujourd’hui les chaînes de la vie, C’est pour t’emparer mieux de l’immortalité !
Ah ! tant que notre langue, airain mâle et sonore, Sur une bouche humaine ira vibrer encore, Les cœurs s’enflammeront à tes strophes de feu,
Et tes vers créateurs, pleins de sève féconde, Retentiront pareils à ce Verbe de Dieu, Qui jadis du néant faisait jaillir un monde !