French poem
Quatuor de quatrains
by Gabriel Monavon (1820–1906)
La source est cachée au fond du bois noir… Mystère et beauté, le ciel s’y reflète ; Sois toujours de même un divin miroir, Eau vive et profonde, âme du poète !
Sur les traits de l’enfant, la vie a tous ses charmes : Sa lèvre épanouie est la fleur du baiser ; L’œil cherche encore en vain ce sentier que les larmes, Sur toute joue, hélas ! un jour doivent creuser !…
La beauté pour nous plaire et nous prendre à ses charmes, Emploie avec tant d’art le sourire ou les larmes, Que le cœur fasciné ne sait s’il aime mieux Les roses de la bouche ou les perles des yeux !
De mon sein coule un flux de merveilles fécondes ; Les astres, fleurs du ciel, y germent tour à tour… Un seul de mes baisers peut engendrer des mondes :
Je suis le créateur, puisque je suis l’amour !… Gabriel Monavon.