French poem
004 (Je t’ai fuie, et j’habite, à…)
by Georges Docquois (1863–1927)
Je t’ai fuie, et j’habite, à cette heure, un village Éloigné de la mer et dont les habitants, Paisibles et rieurs, entourent mes instants De cette bonté fruste et saine qui soulage.
Or, quelquefois, parmi les fleurs et le feuillage Du solitaire enclos où je rêve et j’attends, Une mouette vient m’annoncer le gros temps Qui noircit l’horizon de la distante plage.
Et le vol imprévu de cet oiseau marin Réveille tout à coup mon tenace chagrin ; Car (mais tu vas trouver cette image risible)
Je me rappelle, alors, qu’en notre intimité, Une mouette en moi s’abattait, invisible, M’annonçant le retour de ta méchanceté.
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