French poem
005 (Oui, loin de toi, j’attends…)
by Georges Docquois (1863–1927)
Oui, loin de toi, j’attends ; oui, loin de toi, je rêve. À quoi puis-je rêver ? Qui donc attends-je ainsi ? Tu ne l’ignores pas. Et je crois voir, d’ici, Ce sourire aiguisé dont tu t’armes sans trêve,
Eh bien ! oui, dans le bois, sur la lande ou la grève, La mémoire de nous me traque sans merci ; Et, soudain, durement, s’avive mon souci, Quand je pense à quel point, la vie étant si brève,
D’en gâcher tant de jours nous sommes insensés ! Et je crie à l’écho : « C’est assez, c’est assez ! » Et vers moi je te sais toute tendue, oui, toute !
Mais ton orgueil résiste à tes sens consentants. Et, cependant, malgré la torture du doute, C’est à toi que je rêve, et c’est toi que j’attends.
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