French poem
011 (Je te revois portant les deux…)
by Georges Docquois (1863–1927)
Je te revois portant les deux mains à la tête, Quand je t’eus dis cela : « Je ne reviendrai plus. » Ton sang à ton cerveau, dans un brutal afflux, Se massa. Tu tournas comme une pauvre bête.
Tu semblais un oiseau saisi par la tempête, Qui fait contre le vent des efforts superflus. Mais, soudain, dans tes yeux qui se rouvraient je lus Que tu te surmontais jusque dans la défaite.
Et d’ailleurs, tu gardais ta foi dans ton pouvoir. Je t’avais dit adieu ; tu me dis au revoir, Pensant : « Il reviendra, tôt, frapper à ma porte.
Délice ! C’est alors que je me vengerai !… » Je ne reviendrai pas. Moi, je le sais. N’importe ! Toi, tu doutes encor que ce puisse être vrai.
More by Georges Docquois
- 007 (Notre amour durerait, si nous étions…)
- 008 (Un jour que tu me vis…)
- 009 (Ce jour, précisément, ce jour, te…)
- 010 (Donc, mon orgueil était aussi grand…)
- 012 (Nous ne pouvons nous envier nos…)
- 013 (C’est inutilement que notre amour se…)
- 014 (« Je ne vous savais point…)
- 015 (Moi-même, imprudemment, combien je bavardais…)