Versos French Georges Docquois 013 (C’est inutilement que notre amour se…)

French poem

013 (C’est inutilement que notre amour se…)

by (1863–1927)

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C’est inutilement que notre amour se farde Aux couleurs de la haine : un mutuel désir Circule en nous, issu du fatal élixir Que nous bûmes, un soir, ensemble, par mégarde.

Jusqu’à l’heure où viendra nous chercher la Camarde, Nous nous adorerons en croyant nous haïr. C’est vainement, aussi, qu’on croira se trahir, À supposer que, par rancune, on s’y hasarde.

Au demeurant, ne rusons point. Tu le sauras. Une fille d’ici m’ouvrit, hier, ses bras. Peut-être enivres-tu quelque autre bon apôtre…

Mais, bien qu’ayant entre nous deux coupé les ponts, Nous restons, malgré tout, fidèles l’un à l’autre : Et ce sont ces deux pauvres gens que nous trompons.