French poem
013 (C’est inutilement que notre amour se…)
by Georges Docquois (1863–1927)
C’est inutilement que notre amour se farde Aux couleurs de la haine : un mutuel désir Circule en nous, issu du fatal élixir Que nous bûmes, un soir, ensemble, par mégarde.
Jusqu’à l’heure où viendra nous chercher la Camarde, Nous nous adorerons en croyant nous haïr. C’est vainement, aussi, qu’on croira se trahir, À supposer que, par rancune, on s’y hasarde.
Au demeurant, ne rusons point. Tu le sauras. Une fille d’ici m’ouvrit, hier, ses bras. Peut-être enivres-tu quelque autre bon apôtre…
Mais, bien qu’ayant entre nous deux coupé les ponts, Nous restons, malgré tout, fidèles l’un à l’autre : Et ce sont ces deux pauvres gens que nous trompons.
More by Georges Docquois
- 009 (Ce jour, précisément, ce jour, te…)
- 010 (Donc, mon orgueil était aussi grand…)
- 011 (Je te revois portant les deux…)
- 012 (Nous ne pouvons nous envier nos…)
- 014 (« Je ne vous savais point…)
- 015 (Moi-même, imprudemment, combien je bavardais…)
- 016 (Tout mon passé passionnel, toute sa…)
- 017 (C’est surtout par l’échange incessant de…)