French poem
065 (Ah ! je m’en souviendrai perpétuellement…)
by Georges Docquois (1863–1927)
Ah ! je m’en souviendrai perpétuellement De cette sotte nuit toute pleine d’orage Où me vint, tout à coup, l’imbécile courage De tout te dévoiler de mon passé d’amant !
Je me tançai, trop tard, d’un tel emportement. Avais-je jamais fait un plus stupide ouvrage ? Chaque fois que j’y pense, ô ma chère, j’enrage : Et c’est pour ma rancœur un constant aliment
Encor si tu m’avais rendu, toi, la pareille ! Allons donc ! ton esprit bien trop fort se surveille !… Pourtant, je nie rappelle un moment d’abandon :
Un jour que tu gardais un silence barbare, Comme je demandais : « À quoi penses-tu donc ? ». Tu te trahis, disant : « Mais à rien… Je compare. »