French poem
138 (Peut-être Marianne encore garde-t-elle…)
by Georges Docquois (1863–1927)
Peut-être Marianne encore garde-t-elle Le souvenir du nom — le tien — par moi jeté, Dans son lit même, au cours de cette nuit d’été. Ce souvenir peut-être encore la martèle.
Hélas ! oui, je le crains. Mais Marianne est telle Qu’avec elle ton nom mourra non répété. Et, si tu m’inspirais une œuvre de beauté Qui put vraiment prétendre à rester immortelle.
Crois-tu que les amants se rediraient ton nom ? Non, non ! Car dans mes vers je le tairai. Non ! non ! Car un puissant esprit de rancune m’anime.
Tu n’auras pas l’éternité de Béatrix : Tu ne seras jaunis qu’une Laure anonyme : Pour l’avenir tu ne seras que l’altière X…