French poem
Chanson
by Georges Lafenestre (1837–1919)
A l’Impruneta les filles sont belles ! Des ailes aux pieds, dans l’œil du soleil, La tête aux aguets comme les gazelles, Le sein, droit & fier, aux rosiers pareil. A l’Impruneta les filles sont belles.
A l’Impruneta les gars sont hardis ! Chevelure éparse où la brise joue ; Ils seront soldats, bergers ou bandits. Une pourpre chaude allume leur joue. A l’Impruneta les gars sont hardis.
A l’Impruneta l’église est étroite ! Le curé subtil range prudemment Ses filles à gauche, & ses gars à droite ; Il sait que le fer court vite à l’aimant. A l’Impruneta l’église est étroite.
À l’Impruneta l’office est bien long ! Les filles, les gars, embrouillant les psaumes, Cherchent de côté, bâillent au plafond ; Les fleurs à l’encens mêlent leurs aromes. À l’Impruneta l’office est bien long !
À l’Impruneta la campagne est verte ! Les filles, les gars, aux derniers versets, Bondissent, par couple, à la porte ouverte ; Sous les bras pressants craquent les corsets. À l’Impruneta la campagne est verte.
À l’Impruneta l’amour va bon train Dans les ravins creux aux senteurs de fraise : Le curé subtil y perd son latin. On s’aime à quinze ans, on s’épouse à seize. À l’Impruneta l’amour va bon train !