French poem
Croquis de la digue
Il fait très gai le soir sur la digue ; la mer Gronde autour des brisants où la vague déferle ; Le ciel prend une teinte un peu rose et gris-perle ; Le calme vient au cœur même le plus amer.
Elle et moi nous causons gaîment ; son rire clair Vibre soudain, pareil au sifflement d’un merle ; Dans chacun de ses yeux brille comme une perle Quand, pour voir le couchant, elle regarde en l’air.
De légers cerfs-volants tenus par des ficelles Au dessus des flots noirs tout brodés d’étincelles Semblent des pavillons sur d’invisibles mâts.
Et cela rend songeurs les vieux marins dans l’ombre Qui, rêvant d’un départ pour de lointains climats, Comme des exilés, regardent la mer sombre !