French poem
Le Chant des anges
by Hégésippe Moreau (1810–1838)
À fêter la Vierge suprême, Là-haut, chaque ange est invité ; Et mon ange gardien lui-même Dès l’aurore, hélas ! m’a quitté. Bel ange, à la reine céleste Porte ton bouquet, moi, je reste La reine de mon cœur est là, Et pour célébrer ses louanges, J’emprunte le refrain des anges : Ave Maria, ave Maria.
Je lui coûtai, petit encore, Petit comme l’enfant Jésus, Bien des alarmes qu’on ignore, Bien des pleurs que Dieu seul a vus. Chassant l’insecte qui bourdonne, Combien de fois, douce madone, Près de ma couche elle veilla ! Aussi, pour chanter ses louanges, J’emprunte le refrain des anges : Ave Maria, ave Maria.
Au front de la sainte que j’aime, Hélas ! j’aurais voulu poser Des étoiles pour diadème… Je n’y peux mettre qu’un baiser. Mais espérance, ô ma patronne, J’ose rêver pour ta couronne Quelques lauriers… et jusque-là À tes pieds chantant tes louanges, Je veux redire avec les anges : Ave Maria, ave Maria.